Le 15 mai 1822, Antoine Charles BARON se rend acquéreur d’un terrain à Seillans, afin d’y installer une fabrique de coton. A cette époque, Marseille comptait vingt-quatre filatures nouvelles et le machinisme gagnait du terrain dans la région parisienne. Depuis le début du dix-neuvième siècle, les approvisionnements dans l’industrie textile avaient été très sérieusement réduits. La manufacture employa 120 personnes. Cette initiative fut bien accueillie par toute la population Seillanaise, réjouie par la perspective de voir reculer le paupérisme régional.


Antoine Charles BARON, natif du Muy juste avant la Révolution, fut nommé directeur des magasins militaires à Milan puis à Rome. Fortune faite, il s’installa à Paris sous l’Empire et devint directeur adjoint du Mont de Piété, la principale banque de l’époque. A ce poste, il rendit service à de nombreux notables émigrés auxquels il permit de sauvegarder leur fortune. Ceux ci, le recommandèrent à Louis XVIII. Le roi l’éleva au grade de directeur, puis le fit Baron, ce qui explique son nom Baron, BARON de CLAVIER.

Le 15 juin 1822 à lieu la pose de la première pierre de la manufacture de coton.


Suite à la crise boursière de 1825, l’industrie et le commerce du textile subirent de graves difficultés. Cependant Seillans résiste. La filature produit des pièces de coton rayé, de linge de table et diverses pièces de tissus. Mais la filature de coton n’est pas la seule tentative d’industrialisation dans la région et fonctionne de manière trop artisanale. L’année 1831 sera fatale à cette belle aventure humaine.

La fabrique est mise en liquidation judiciaire et fermera en1832.

De 1838 à 1845 de nombreuses tentatives de sauvetage échouent. Au mois de mai de l’année 1845, un certain monsieur BERANGUIER propriétaire à Fréjus rachète la manufacture au Mont de Piété de Paris, lequel entre temps s’en était rendu acquéreur, mais faute de projet bien défini, cette tentative n’aboutira pas. Plus tard en 1874, monsieur DENOVE, négociant à Fréjus, se rend acquéreur du bâtiment. Le nouveau propriétaire entreprend de se diriger dans une activité aux ressources très prometteuses  et fonde la magnanerie de Seillans.Il cèdera ensuite le batiment à Henri BARON, fils de Charles et ancien maire de Seillans en 1878. Sa descendance prendra la suite, au fil du temps.

 

Les ouvriers s’occupent alors à cueillir la feuille du mûrier afin de vaquer à la culture des vers à soie ou sériciculture. Les mûriers couvrent alors 10 hectares, plus de mille arbres en production, la magnanerie emploie cent personnes. La graine des vers à soie se développe à Seillans de manière considérable et la culture du cocon est une réussite. La soie qui intéresse l’industrie textile est obtenue par la chenille du bombyx du mûrier, ou ver à soie. Ce fil est employé par tous les peuples du monde à la confection des étoffes de soie. Le fil d’un cocon peut mesurer de 500 à 1500 m.

On assure que les hommes ne doivent pas pénétrer dans certaines chambres sensibles de la magnanerie. Ils peuvent ramasser les feuilles de mûriers, mais seules les femmes sont autorisées à les apporter aux chenilles, à condition qu’elles ne soient pas enceintes. Parmi ces femmes, certaines sont réputées pour être d’excellentes magnanerelles.

Aujourd’hui encore, seules les chenilles peuvent fournir la soie.

En 1884, la magnanerie de Seillans remporte la médaille d’or de l’exposition internationale de Nice.

 

Hélas, la maladie, les crises économiques, et autres dommages auront raison de cette noble activité. De plus, le matériel devenu obsolète ne résistera pas à l’avancée massive de l’industrie, qui prendra tout son essor en ce début du 20 ème siècle. En 1930, malgré les efforts de la municipalité, la magnanerie fermera définitivement ses portes. Plus tard, le bâtiment sera utilisé comme annexe de parfumerie, nous ne sommes pas loin de Grasse.

       

Aujourd’hui l’initiative de Pierre DUFRASNE, réjouit à nouveau les Seillanais. La nature du site est respectée, mise en beauté et apporte un nouvel élan, dans cette région riche de son histoire et de son patrimoine.

Un portrait magistral du Baron, BARON de CLAVIERS, préside dans l’une des chambres d’hôtes nommée à juste titre « chambre du BARON ».

   
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